Katryne 🦉 - Le blues de l'entoileuse *
Dans les années 2000, quand j'ai commencé à publier sur le web, je passais des jours, autant de temps qu'à rédiger, à formater ma communication, à conformer mes sites aux normes dans le but de toucher des lecteurs et d'échanger. Il existait des tas de tutos qui exposaient les techniques, en particulier de référencement pour que mes écrits soient bien indexés et retrouvés aisément sur les moteurs de recherche. Je veillais aussi à ce que mes publications soient correctement accessibles à tous les supports de consultation. Je prenais des notes, j'appliquais et je rencontrais mon public. On appelait ça le SEO ou l'optimisation des moteurs de recherche.
Un quart de siècle plus tard, je ne passe plus que 10 % de mon temps de web à la création de contenu. Et 90 % à repousser les envahisseurs mécaniques, (= les robots divers et variés qui asphyxient le web) pour essayer de connecter mes sites à des humains, des vrais. Là où je cherchais passionnément de quoi rendre mes publications élégantes et accessibles, j'explore aujourd'hui avec l'énergie du désespoir toutes les techniques, les astuces, les plugins, pour que mes sites retrouvent un peu d'oxygène et continuent d'exister, simplement d'exister.
Par moment, mes sites recommencent à respirer et presque à inverser la proportion bot/humain, et 3 heures plus tard, c'est tout à recommencer. C'est une lutte inégale.
Cette invasion des bots me découragerait presque de publier en ligne. Déjà que dans les résultats de recherche, on trouve 99 % de réponses de bots qui te disent ce qui est mieux pour toi Et si par hasard ton site est mentionné, c'est à la marge, sans jamais donner le lien, juste en citant le contenu en mode pirate, en changeant le titre et la description dans une optique plus commerciale. Enfin, quand je dis "commerciale", pas à ton avantage, hein ! Dans cette situation, à quoi sert encore le SEO ? Ya plus de bon robot, ce sont tous des vampires. Et nous sommes les survivants d'un ancien monde. Pour combien de temps encore ?
* entoileuse = webmaîtresse au Québec.

