🏁 Louis et Maria Cadel - Ligne du temps

 Il me semble que nous avons aujourd’hui suffisamment d’éléments ( souvenirs familiaux recoupés avec des documents militaires et d’état civil ) pour écrire une partie de la vie de nos arrières grands parents. Je remercie Alfred Dupouvoir, membre du Centre généalogique le la Manche qui, très gentiment et très gracieusement, a fait les recherches qui nous ont permis d’avancer.

Louis Auguste Cadel est né à Varouville en 1863 de l’union d’Auguste et de Caroline Fleury. Il fut novice au commerce ( pêche ) de 1880 à 1883, date à laquelle il rejoignit la Marine Nationale. Patron en 1888, il devient guetteur sémaphorique en 1889 à Cherbourg. Il rejoint Flamanville en 1890. Nommé guetteur de 2ème classe à/c. du 01.07.1889, il est appelé à continuer ses services en Algérie par dépêche du 2.12.1890. (son dossier et son état général des services est adressé aux Commissariat aux Revues à Alger le 16 mars 1891)


Maria ( Marie Léonie ) est née à Cherbourg en 1864. Elle était la fille d’Alfred Pilard né en 1832 à Carteret, et de Jeanne Rosalie Fleury née en 1837 à Matignon ( 22 ). Les Pilard étaient originaires de Réville.

Alfred Pilard appartenait à la Marine Nationale. Il rejoint, en 1866, en tant que maître voilier Yokoska ( à proximité de Yokohama dans la baie de Tokyo ). En effet, le Japon souhaitait se moderniser ( ère Meiji ), et les Français entreprirent dès cette date de construire l’arsenal de Yokoska ( aujourd’hui le plus important port militaire du Sud Est asiatique à la disposition de l’US Navy ).

Lors du voyage vers Yokohama, le 18 juin 1866, naquit Émile. Selon Maria, son petit frère était "né en mer, mort en mer". On trouve la trace du mariage d'Émile en 1888 à Barneville-Carteret. Une petite sœur, Louise, est née au Japon. La tradition familiale rapporte que Maria découvrit la peinture lors de son séjour au Japon ( il me semble qu’elle était bien jeune pour être initiée ).

Alfred décède au Japon, à Yokoska, fin 1870. La famille rejoignit Cherbourg, probablement en 1871.

En 1873, Jeanne Rosalie se remarie avec Pierre Lejeune, gendarme maritime démissionnaire. Une demi sœur serait née de cette union. Pierre Lejeune était originaire de Réville. Cette ville et Cherbourg ont marqué la mémoire de Maria.


Louis Auguste et Maria se marièrent vers 1888.

Suite à un différent familial, ils choisirent en 1891 de continuer leur carrière en Algérie.

Ils y passèrent de nombreuses années.

Ils avaient trois enfants nés en France : Marie, Émilie (1887, Cherbourg) et Edmond (1889, Cherbourg). Quatre naquirent en Algérie : un petit Léon (1892, Alger), notre grand père Georges (1893 à Kléber), puis Émilienne (1897, Kléber) et Gaston (1903, Arzew). Émilie et Léon moururent enfants en Algérie, et  Edmond, appartenant au 3ème mixte de zouaves, fut tué au front (dans le Pas de Calais) en novembre 1914.


La famille vers 1900 et 1915




Ils finirent leur carrière militaire à Lorient où Louis Auguste commandait les sémaphores de l’arrondissement. Ils vécurent au pied de la Tour de la Découverte, bien connue des Lorientais, dans l’enceinte de l’arsenal. Georges, notre grand père, fut un familier de cette tour. Nous en reparlerons.

Quelques photos rappellent cette période où Georges et Anna, nos grands parents, étaient entourés de leurs propres parents. Maria a ainsi pu peindre Edmond, notre oncle tôt décédé.

Lors de leur retraite ils reprirent le chemin de l’Algérie où les attendaient Émilienne, qui avait épousé Joseph Bagur, un colon, et Marie, femme de Louis Pons (menuisier). Ils résidèrent à Alger.

Au décès de Louis Auguste, inhumé à Saint-Eugène (Notre-Dame d’Afrique) à Alger, Maria s’établit chez sa fille Émilienne et son mari, Joseph Bagur, à Lamartine. Elle y faisait de la couture, lisait beaucoup et s’occupait de ses petits enfants. Elle mourut vers 1948. Elle est inhumée à Lamartine ( Algérie ).


Gildas Cadel , le 23 avril 2005


Note de Catherine le 9 octobre 2015 : nous avons découvert que notre arrière-grand-père Louis Auguste est décédé à Alger le 15 décembre 1924. Nous avons l'annonce nécrologique  dans l'Écho d'Alger du 16 décembre qui annonce les obsèques pour le jour même. Et la copie de son acte de décès. Louis et Maria demeuraient alors 2 rue Malakoff à Alger. On apprend aussi que Louis était décoré de la médaille militaire.